L'engagement politique des femmes
De 2000 à 2025, la représentation féminine dans les sphères de décision au Burkina Faso — exécutif, législatif et judiciaire — suit une tendance à la hausse, mais marquée par des variations importantes selon les périodes et les institutions.
Au niveau de l’exécutif, la proportion de femmes double sur la période, passant de 9,4 % à 22,7 %. Cette évolution n’est toutefois pas continue. Après une progression régulière jusqu’en 2018, où elle atteint 24 %, la part féminine recule fortement pour descendre à 12 % en 2024, avant de remonter en 2025. Cette oscillation traduit une dépendance aux changements politiques, plutôt qu’un ancrage structurel.
Au Parlement, les données révèlent une évolution en dents de scie. La part des femmes progresse jusqu’en 2012 (18,9 %), puis diminue de façon notable jusqu’en 2020 (9,4 %). Une reprise intervient ensuite, avec une hausse significative atteignant 27,1 % en 2025. Ce niveau constitue un maximum sur la période, mais il intervient après plusieurs phases de recul.
Dans le corps des magistrats, la féminisation est plus progressive et relativement stable. La proportion de femmes passe de 14,4 % en 2005 à 20,5 % en 2023. Malgré une légère baisse en 2021, la tendance générale reste orientée à la hausse, sans les fluctuations observées dans les institutions politiques.
Ces évolutions montrent que la progression de la représentation féminine est réelle mais inégale. Les institutions politiques se caractérisent par des avancées instables, tandis que le judiciaire évolue de manière plus constante. En dépit des progrès, les niveaux atteints en 2025 restent en dessous des seuils généralement considérés comme significatifs. Le graphique met ainsi en évidence une amélioration sur le long terme, mais aussi la persistance de déséquilibres et de fragilités dans l’accès des femmes aux postes décisionnels.
Commentaires